Rapport annuel d’activité du Défenseur des Droits

Les 140 996 réclamations et demandes d’informations et orientations reçues par l’institution et les travaux réalisés au cours de l’année 2024 traduisent, une nouvelle fois, une augmentation des atteintes aux droits en France.

(…) La lutte contre les discriminations souffre encore, au niveau national, d’un manque de cohérence et de visibilité. Les politiques publiques se réduisent souvent à des actions ponctuelles et sectorielles, dirigées
vers certains critères de discrimination, selon les priorités du moment. Pourtant, les discriminations se déploient dans l’intégralité des sphères de la vie sociale, engendrant des effets durables et délétères pour les victimes, tant sur leur trajectoire personnelle et professionnelle que sur les rapports sociaux
qu’elles entretiennent.

Parce qu’elle vise à garantir les conditions indispensables à la cohésion de la société, en permettant à chacun de vivre dans la dignité, de jouir pleinement de ses droits et libertés et de bénéficier des mêmes opportunités, la lutte contre les discriminations doit être l’une des priorités de l’action de l’Etat. Celle-ci doit engager les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs dans une démarche visant à interroger puis transformer les comportements et pratiques afin d’assécher à leur source les discriminations.

Parmi les 140 996 réclamations, seules 5 679 (5,5 % du total) concernent le champ des discriminations, soit 15 points de moins que l’année passée, alors que plusieurs études réalisées entre 2022 et 2024 mettent en évidence une « augmentation préoccupante des discriminations et actes haineux en France et en Europe ». « La diminution paradoxale de ces réclamations met en lumière la difficulté des victimes à faire valoir leurs droits et la nécessité de s’emparer collectivement de cette problématique », exhorte Mme Hédon.

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