Former aux droits humains pour défendre l’espace civique
Article d’Irène Pereira, Les cahiers de pédagogies radicales, août2026
La formation aux droits dans un contexte de rétrécissement de l’espace civique. L’ONU définit l’espace civique comme « l’environnement qui permet à la société civile de jouer un rôle dans la vie politique, économique et sociale de nos sociétés ». Dans un avis de 2025, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ajoute : « La pérennité et l’intégrité de l’espace civique sont garanties par un ensemble de droits et de libertés, qui permettent aux citoyennes et citoyens de s’exprimer librement, de se rassembler pacifiquement, de s’organiser en associations ou en mouvements, de débattre, de proposer. C’est dans cet espace que naissent les mobilisations sociales, que se forgent les contre-pouvoirs, que s’épanouissent les voix de la société civile ».
Or les organisations de défense des droits humains mettent en lumière depuis ces dernières années un rétrécissement et des atteintes à l’espace civique : « Sans en dresser un panorama exhaustif, on peut évoquer en particulier la stigmatisation récurrente des défenseurs des droits, les atteintes à la liberté académique et la pression qu’exercent plusieurs groupes d’intérêts, y compris sur les revendications syndicales et professionnelles » (CNCDH, 2025).
Comme nous l’avons rappelé, l’école joue un rôle reconnu dans l’éducation aux droits humains. Mais, il nous semble que ce rôle pourrait être accentué pour défendre l’espace civique. Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture met en avant que les élèves doivent connaître le contenu d’un certain nombre de textes tels que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ou encore la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948 ou encore la Convention international des droits de l’enfant (1989). Cela implique une connaissance des droits civils. Ces droits civils comprennent la liberté d’expression, mais aussi le droit de manifestation, dont de nombreuses ONG de défense des droits humains ont souligné des atteintes, dans des rapports, ces dernières années.
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Mais, la préservation et le renforcement de l’espace civique ne passe pas que par une connaissance théorique de certains concepts et de certains droits. L’école, mais également le secteur de l’éducation populaire, peut en outre favoriser, par l’intermédiaire du droit d’association, la mise en œuvre d’une formation à la participation à l’espace civique. En effet, tout élève de plus de 16 ans peut créer et gérer une association, et tout lycéen peut adhérer à une association de l’établissement. Cela pourrait ainsi passer par une meilleure promotion du syndicalisme lycéen, par exemple avec la création d’un portail numérique dédié au syndicalisme lycéen et des campagnes de promotion du syndicalisme. Il semble que l’on soit bien en peine de trouver des informations sur le syndicalisme lycéen sur les sites officiels de l’éducation nationale.
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Article complet et surtout de nombreuses ressources sur le site de la revue
“C’est pourquoi, si l’on vide la parole de sa dimension d’action, sacrifiant automatiquement aussi la réflexion, elle se transforme en palabres, en verbiage, en blabla.” (Paulo Freire)
Irène Pereira est professeur en sciences de l’éducation et de la formation. Elle a notamment été à l’initiative, il y près de dix ans, du site pedagogie anti-discrimination que RezoEE a mis en exergue mais qui avait disparu faute d’hébergement avant de réapparaitre (sans l’arborescence ni mise à jour pour le moment).

