Pour faire fonctionner toute l’IA, le colonialisme, l’impérialisme, l’exploitation, l’esclavage sont indispensables
Article/podcast de Nicolas Dufresne, La fourmi dans la coquille saison 1 épisode 10, avril 2026
En 1930, John Maynard Keynes imaginait que la mécanisation autoriserait « une semaine de quinze heures » tout en consacrant « nos énergies encore disponibles à des buts non économiques » un siècle plus tard, c’est-à-dire en 2030. Dans les années 2020, le travail hebdomadaire moyen se situe toujours autour des 30 à 35 heures entre 25 et 55 ans. Où est donc l’impact de l’automatisation ? Alors qu’on nous la présente comme une nécessité économique et concurrentielle, ce chômage technologique évoqué par Keynes est largement surestimé, et cache plutôt des orientations économiques importantes en nous privant de questions politiques importantes, telles que la détermination des salaires, la localisation et les conditions du travail, pour quelle production, pour qui, par qui.
Les concepteurs des IA essaient à tout prix de nous cacher une somme énorme de travail humain, afin de présenter leur « outil » comme une espèce de baguette magique qui nous soulagera de tâches ingrates, masquant le fait qu’ils n’ont fait que déplacer le travail ailleurs (notamment dans le but de le payer moins cher). C’est mathématique, et ils ne peuvent pas l’ignorer ; mais il est plus facile pour le monde occidental, du bon côté de l’IA, de fermer les yeux et de ne pas s’en préoccuper.
Un an s’est donc écoulé, une année qui a vu progresser une certaine critique de l’I.A., et plus récemment émerger, bien que trop discrètement, le sujet de l’esclavage qui se cache derrière ces soi-disant « intelligences artificielles ». Esclavage. Je n’utilise pas le mot ici par provocation ni avec exagération, mais bien pour décrire la réalité d’un monde néo-colonial numérique.
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Article en texte intégral ou en écoute (39 minutes) sur le site La fourmi dans la coquille et ci-après :
